DANS LES RUES DE LA VILLE
Hommage à René Char pour " Allégeance "
Dans les rues de la ville, il y a mon amour.
Il y a mon amour qui se mure ; cent silences...
Parmi les mille murmures de la ville endormie,
Il y a mon amour qui somnole sans bruit.Dans les rues de la ville, il y a ton amour.
Il y a ton amour qui se meurt ; sang d'orange
Peaux mûres prisonnières de la ville endolorie,
Il y a ton amour qui suffoque sans fruit.Dans les rues de la ville, il y a notre amour.
Il y a notre amour qui s'émeut ; sens du vent...
Petites ondes oblongues de la ville enchérie,
Il y a notre amour qui se vit sans ennui.
Aurélie Vanario (1st Prize, Adult)
La Chute
Nue, elle tombe
Sous un ciel de colère
Sa chair s'abîme sur le rocherLe corps, désarticulé, s'ouvre grand
Et embrasse la pierre
D'un geste insenséPeu à peu, la pourriture se diluera
Dans les eaux sombres
La chair se fera liquideMariage des matières
Adélaide Robault (2nd Prize, Adult)
L'Enfant Vermeille
Un teint faïence,
Des lèvres rosées,
Ceinturé de soie blanche,
Et un visage déjà blasé.Une cage pleine d'oiseaux,
Des chats gris dans son ombre,
Mais pas un cerceau,
Pour cet enfant aux yeux d'ambre.Son habit de sang,
Bordé de dentelle,
Déconcertant pour un enfant,
Qui voudrait posséder des ailes.Dans ses vêtements de réception,
Et enserré par leur étreinte,
Dans ses yeux brillent des constellations,
Qu'il rêvent d'atteindre,L'enfant vermillon.
Aël Leclerc-Keroullé (3rd Prize, Adult)
